Dernière m.a.j. 08 fev 2008

Orchidées et l’hydro-culture, la suite...

Laurence,  le  10 mars 2004 

Pourquoi une suite ?

Il y a quelques temps je commettais un article sur les orchidées et l'hydroculture qui a disons le, éveillé quelques discussions assez polémiques sur un certain forum... Et bien non, ça ne m'a pas servi de leçon car je récidive !! Mais pourquoi me direz vous, pourquoi, ô pourquoi ? Est-elle maso ou a t'elle des actions chez un fabriquant de billes d'argiles moulées artisanalement sous l'aisselle ? Et bien non, pas du tout !! Mais comme certains ont bien voulu se lancer dans l'aventure, et qu'en plus une foule en délire me l'a demandé à cors et à cris (oui oui, Golgoth me l'a demandé une fois, je vous jure !),  je vous fais ici le bilan de mes 2 années de trempouillage intensif.

 Comme vous le savez, je suis moi même en train d'expérimenter la technique, et  donc au fil de ces 2 années, j'ai pu apporter des améliorations et voir ce qui marchait bien et ce qui marchait moins bien... De plus j'ai aussi potassé avec grand sérieux le très bon bouquin de Jack Ross (The word of orchids, a practical guide to cultivating orchids in soilless culture) que je conseille à tous ceux qui se débrouillent en anglais et qui aiment explorer l'univers orchidées à travers la lorgnette scientifique. Ce n'est pas un bouquin poétique agrémenté de photos artistiques, mais par contre il fourmille de données scientifiques susceptibles d'intéresser tout passionné d'orchidées qui cache un kit de petit chimiste sous son lit. Pour les autres, rassurez vous je vais vous faire un résumé de ce grimoire dans les lignes qui suivent (mais vous louperez la superbe orchidée nue en double page centrale, tant pis pour vous !). 

Je pars du principe ici que vous avez déjà lu le premier article de la série et que les principes de bases sont acquis (intero surprise, fermez les livres et interdiction de pomper sur le voisin ! Nan, c'était une blague... z'avez eu peur hein?) . Donc la je vais entrer plus dans les détails et couper quelques racines de miltonopsis en quatre. Que voulez vous, si c'était trop simple, ça serait plus moi ! Donc ne vous laissez pas intimider, prenez ce qui vous intéresse dans le tas, et laissez le reste... l'important c'est que vos orchidées soient heureuses, pas que vos billes d'argiles fasse des jaloux au sein de la communauté scientifique...

  

 


Injustice flagrante: les billes naissent inégales devant la trempouille ! 

Et oui, les billes naissent inégales devant le trempouillage ! Les billes de certaines marques sont plus douées que d'autres pour absorber l'eau par capillarité, et il est important de savoir comment se comportent vos billes à cet égard. 

Alors avant de commencer, je vous propose un petit test pour caractériser vos billes. Munissez vous d'une bouteille d' eau de 1.5 litre en plastique et coupez le haut pour en faire un récipient transparent. verser l'équivalent d'un verre d'eau au fond puis remplissez le tout avec des billes sèches (et préalablement lavées). Ensuite laisser mariner 24h. Au bout de ce laps de temps, mesurez la hauteur des billes mouillées (plus foncées) à partir du niveau de l'eau. Moi par exemple, mes billes d'Hydroton™ de calibre mélangé sont mouillées sur 5 cm au dessus du niveau de l'eau alors que mes petites billes d'Hydroton™ sont mouillées sur 8 cm au dessus du niveau de l'eau. Mais avec d'autres marques de billes ça peut monter beaucoup plus haut. Notez cette valeur, c'est le niveau de la zone humide et elle va nous servir pour savoir ou placer la plante dans le pot. 

 

Photo issue du site de First Ray orchids (avec permission)

Test pour évaluer le pouvoir de capilarisation des billes: Après 24 h on constate que l' eau n'a pas monté à la même hauteur avec les 2 marques de billes. A gauche les billes sont sèches en surface, et on voit bien qu' il y a différentes zones d'humidité dans le pot.  A droite les billes sont uniformément mouillées sur toute la hauteur du pot.

Marques à pouvoir capillaire faible

Marques à pouvoir capillaire élevé

Hydroton, Aliflor

PrimeAgra, Seramis, Blusana

  


Les différentes zones du pot... 

A moins d'utiliser des billes billes très absorbantes, il est fort probable que vos billes seront sèches en surface quelques heures après l'arrosage. Cela signifie donc qu'il y aura trois zones dans votre  pot d'hydroculture :  la zone du bas immergée, la zone intermédiaire humide et la zone du haut sèche (voir le dessin à droite). 

Au dessus de la ligne ou les billes sont humides (plus foncées) se trouve donc une zone ou les billes sont complètement sèches. L'air qui les entoure est saturé d'humidité qui vient de la zone humide et s'évapore doucement par la surface du pot mais les billes en elles mêmes ne contiennent aucune eau.  Dans la zone sèche, les racines sont donc dans la même situation que si elles étaient à l'air libre dans une serre humide: l'hygrométrie élevée leur permet de bien se développer et elles peuvent respirer à l'aise mais par contre elles n'ont pas accès à l'eau et à la nourriture tant qu'on ne les arrose pas et elles sèchent très vite entre 2 arrosages.  

Les différentes zones du pot en 

hydroculture

 

C'est seulement dans la zone humide (ou les billes contiennent de l'eau mais sont entourées de grosses poches d'air) que l'orchidée va puiser son eau et son engrais. Donc tant que les racines ne sont pas rendues à ce niveau, l'orchidée est tributaire des arrosages qu'on lui donne, même si le réservoir d'hydroculture est plein.  Si on arrose pas l'orchidée assez souvent et que ses racines sont dans la zone sèche, elle peut donc souffrir de déshydratation et ce même si le réservoir est plein.

Mais puisque la plante n'a pas accès à l'eau et à la nourriture dans la zone sèche, ne suffirait il pas de supprimer cette zone en utilisant des pots plus bas ? La réponse est oui, mais uniquement si les racines déjà existantes de l'orchidée sont adaptées à des conditions humides. En effet les racines que possèdent la plante avant le passage en hydroculture sont souvent habituées à subir des période d'assèchement entre 2 arrosages. Si on les soumet brusquement à des conditions constamment humides, elles risquent donc de pourrir par asphyxie. 

Seules les racines qui ont poussé dans un environnement humide ou que la plante lance "elle même" dans la zone humide y survivent sans pourrir. Pour les épiphytes, la zone sèche est donc très utile lors de la période d'adaptation de l'orchidée: Dans cette zone, les racines déjà existantes se trouvent dans un substrat qui s'assèche rapidement entre 2 arrosages, comme auparavant. De là, la plante peut tout à son loisir lancer des nouvelles racines dans la zone du pot qui lui convient le mieux.

Orchidée épiphyte qui préfère la zone sèche du pot

Orchidée terrestre qui préfère la zone humide du pot

A gauche, cas d'un dendrobium: les racines restent en haut du pot, là ou les billes s'assèchent entre 2 arrosages (la zone humide est colonisée par les algues ce qui permet de la visualiser). A droite cas d'un phragmipedium: les racines sont allé plonger dans la partie basse du pot, ou les billes sont tout le temps humides...

  


La période d'adaptation...

Lors du premier rempotage en hydroculture d'une plante épiphyte, on doit donc éviter de placer les racines existantes directement dans la partie du pot ou les billes resteront constamment humides (à moins bien sur que la plante ai été préalablement cultivée dans un substrat qui devait toujours être maintenu légèrement moite comme la sphaigne, la tourbe blonde ou la laine de roche). C'est toute la difficulté de la période d' adaptation en hydroculture:  pour éviter de stresser l'orchidée, il faut réussir à conserver ses anciennes racines en vie le temps que de nouvelles racines adaptées prennent le relais. 

Pour que la plante souffre le moins possible, il faut donc mettre toute les chances possibles de notre coté.  Premièrement, il faut que la plante soit en bonne santé et dans un cycle de pousse, c'est à dire hors floraison. Ensuite pour que le temps d'adaptation soit le plus court possible il faut effectuer le passage au bon moment: quant la plante est juste sur le point de former des nouvelles racines.  De cette façon, la plante va très vite former des racines qui seront parfaitement adaptées à la zone humide et ainsi profiter pleinement des bienfaits de l'hydroculture. 

Si vous ne suivez pas ce conseil, ne venez pas vous plaindre que votre plante est en difficulté quelques semaines plus tard. Vous êtes alors le seul fautif en cas d'échec (na !). Si le passage est fait alors que l'orchidée ne faisait pas de nouvelles racines, la plante risque de perdre ses racines existantes sans que des nouvelles ne prennent leur place... L'orchidée peut ainsi rester plusieurs mois sans racines et lentement se déshydrater ce qui met sa vie en danger. 

  


La préparation des billes 

Comme vous le savez l'hydroculture (du moins ce que moi j'appelle comme ça, mais qui est en fait de l'hydroponie passive) consiste à placer une orchidée dans des billes d'argiles expansée et de la convaincre de "rester sage pas bouger" pendant qu'on submerge le fond du pot dans quelques cm de solution nutritive. Première étape donc (et non la moindre), est la préparation des billes. 

Premièrement donc, vous devez laver les billes d'argile à grande eau. Personnellement j'utilise une vielle essoreuse à salade (inapte  depuis sa naissance à essorer quoi que ce soit en passant) pour ce faire. Le panier est pratique pour égoutter les billes entre les différents rinçages.  Placer les billes et le panier dans la base de l'essoreuse préalablement remplie d'eau tiède et procédez comme un raton laveur consciencieux au doux frottement des billes dans vos minimes.  Ensuite égouttez et changez l'eau. Renouveler l'opération autant de fois que nécessaire jusqu'à ce que l'eau de rinçage soit claire ou que les os de vos phalanges soient à vif.

Ensuite vient l'étape du trempage qui vise à saturer les billes d'humidité et à ajuster leur pH. Pour ce faire vous devez laisser macérer vos billes dans la même solution d'engrais que vous utiliserez ensuite pour arroser vos futures trempouillées (voir paragraphe suivant). Le trempouillage doit durer au moins 24 h sauf que moi je ne le fais presque jamais vu que l'envie de rempoter me prend souvent brusquement les soirs de pleine lune. Mais vous, faites ça bien, pour remonter le niveau des troupes !

Troisième étape le tri. Vous remarquerez peut-être après trempouillage que certaines billes flottent et que d'autres ont coulé au fond tel le titanic. Les billes nageuses sont celles qui ont une capacité de rétention d'eau inférieure, et elles sont donc parfaites pour les orchidées épiphytes. Par contre, les billes plongeuses (qui sont souvent plus petites et portent des lunettes de piscine) sont gorgées d'eau et donc plus appropriées pour les orchidées terrestres (Phragmipedium, Paphiopediliun, Zygopetalum, etc.). Donc essayez de récupérer les 2 types de billes séparément et de les utiliser pour les plantes en question. 

Ca y est, vous êtes prêts ? on rempote ? Alors prenez votre pot. Il est ou votre pot ? z'avez pas de pot ! mais heu, c'est quoi ces débutants que j'ai la !! Pffffffffffffffff, décidément, c'est moi qui ai pas de pot ! Ca va pas se faire en trois coup de cuillère à pot tout ça ! (bon OK, j' arrête !!)

  


Le choix et la préparation du pot: favoriser l'aération des racines....

Dans le premier article je vous conseillais (selon les conseils de certains hydroculteurs américains. Farpaitement Ray, tout ça c'est de ta faute !) d'utiliser un pot plus haut que large pour transférer vos orchidées en hydroculture. Il est vrai que pour les orchidées épiphytes, l'adaptation de la plante est favorisée dans ce type de pot ou il y a une zone plus sèche en surface.  Mais plus que la hauteur du pot, c'est plutôt dans quelle zone du pot (zone immergée, zone humide ou zone sèche des billes) la plante se trouve au moment du premier rempotage qui est important (voir plus bas).  Donc en bref, vous pouvez utiliser a peu près n'importe quel pot, à condition que vous placiez la plante au bon endroit dedans: dans la zone sèche pour les épiphytes, dans la zone humide pour les terrestres. Comme en hydro la largeur du pot n'a pas d'importance, vous le choisirez donc essentiellement en fonction de sa hauteur.

J'utilise de plus en plus des pots à fleur en plastique classiques. Pour les plantes épiphytes, je prend des grands pots ce qui me permet d' avoir suffisamment de hauteur pour placer la plante dans la zone sèche. Pour les plantes terrestres ou je n'ai pas besoin de zone sèche, je prend des pots moins larges (et donc plus bas). 

FAVORISER L'AERATION DES RACINES: UN POINT CAPITAL

9 fois sur 10 la pourriture des racines chez les orchidée est due... à leur mort par asphyxie !!  

Lorsque les racines de l'orchidée se trouvent  dans du substrat décomposable (écorces, sphaigne, etc.) l'asphyxie est accélérée lorsque celui-ci est gardé humide: les micro-organismes se développent alors très rapidement pour décomposer le substrat et consomment ce faisant tout l'oxygène disponible. Les racines sont alors étouffées et pourrissent...

En hydroculture, les micro-organismes n'ont rien à décomposer et sont donc moins nombreux. Cependant comme une partie du substrat reste humide en permanence, il est important de maximiser l'aération de la masse racinaire. De belles racines saines sont le gage de la bonne santé générale de la plante et d'une floraison prolifique... 

En hydroculture, les trous de drainage du pot sont sous le niveau de l'eau et donc l'air ne peut entrer par la. Je fais donc toujours quelques petits trous (ou des fentes verticales) sur les cotés du pot au dessus du niveau de solution nutritive pour améliorer l'aération des racines. Pour ce faire j'utilise un vieux fer a souder ou un pistolet à colle chaude payés presque rien à la foire-fouille. A défaut on peut aussi utiliser une perceuse. Pour les fond de  bouteilles d'eau, j'utilise aussi un hexacto pour faire des trous triangulaires. 

Les trous ne doivent pas être trop gros ce qui provoquerait un assèchement excessif des billes. Dans le même ordre d'idée,  les pots pour plante aquatiques en maillage sont à éviter car la zone humide devient alors trop mince ce qui assoiffe l'orchidée. Si vous utilisez des pots de récupération (pot à olive, bouteille d'eau coupée en 2 , etc.), n'oubliez pas de percer plusieurs gros trous dans le fond pour permettre le drainage. 

Pour les pots très large, on peut aussi placer un petit pot en maille (pour plante aquatique) à l'envers au fond du pot principal: ça permet de garder une zone vide et aérée au sein de la motte de racines ce qui favorise la respiration....

 

Quant aux pots transparents, je continue à les apprécier car il me permettent de regarder sous les jupes de mes orchidées dans les déranger. Cependant, ils favorisent le développement d'algues dans le pot et font également que les billes chauffent plus vite au soleil ce qui peut endommager les racines. Cet inconvénient peut être  évité en placant le pot en plastique dans un cache pot opaque qui peut éventuellement servir également de réservoir pour la solution nutritive. Cependant je dois avouer que de plus en plus j'utilise des pots à fleurs classiques en plastique opaque.

  


La taille des billes et la hauteur de la plante dans le pot...

Lors d'un premier rempotage en hydroculture, il est important de placer les racines de l'orchidée dans la zone du pot qui leur conviendra le mieux (bon ça fait 4 fois que je le dis, z'avez compris la ?!). Pour ce faire on peut jouer sur la hauteur de la plante dans le pot, sur la hauteur du pot, sur la taille des billes (voir figure plus bas) et sur la flexibilité des queues de vache (farpaitement !). 

Dans un pot bas (cas 1 et 3 de la figure), la zone humide occupe presque la totalité du pot. Cela  conviendra donc aux orchidées qui étaient déjà habituées à avoir les racines dans un substrat humide comme les phragmipedium ou un phalaenopsis qui était auparavant cultivé dans la sphaigne par exemple.  Dans un pot plus haut (cas 2 de la figure) plus de la moitié du pot est occupé par la zone sèche. De tels pots sont donc à privilégier pour les orchidées qui étaient cultivées dans un substrat très drainant  (écorces de moyen ou gros calibre) ou racines nues. En hydroculture, la largeur du pot a relativement peu d' importance pourvu que la hauteur soit adéquate. Ainsi dans le cas 2 plus bas, on aurait tout simplement pu utiliser un pot à plantes vertes classique de même hauteur mais beaucoup plus large.

Il est aussi conseillé d'adapter la taille des billes au type de plante: les petites billes ont un pouvoir capillaire plus important et retiennent  plus d'humidité que les grosses. De ce fait la zone humide dans un pot remplit de petites billes sera plus haute que s'il est remplit de grosse billes. Avec mes billes d'Hydroton par exemple, la zone humide est de 5 cm avec les grosses bille et environ 8 cm avec les petites billes. De ce fait, un pot de 10 cm de haut remplit de petites billes n'a pratiquement pas de zone sèche ce qui est parfait pour les phragmipedium par exemple (cas 3 du graphique).

Attention, quant les racines de la plante sont dans la zone sèche seulement (cas 2), la plante risque de se déshydrater très rapidement si on y prend pas garde. En effet les billes d'argile retiennent très peu d'eau lors des arrosages, et de ce fait sèchent très vite (en quelques heures en atmosphère sèche). Il faut donc considérer que la plante est pratiquement dans les même conditions que si elle était racines nues en serre.  Les arrosages (ou brumisations marquées) à l'eau devront donc être fréquents (voire quotidiens si l'atmosphère est particulièrement sèche) comme pour une plante montée sur plaque et ce jusqu'à ce que les racines atteignent la zone humide. 

Pour éliminer la zone sèche si on dispose pas de billes qui ont un bon pouvoir capillaire, on peut mettre une couche de sphaigne de 2-3 cm (sans tasser) en surface du pot... L'eau emmagasinée dans la sphaigne lors de l'arrosages aide à garder les billes humides en surface. De plus on peut ensemencer de la "mousse de serre" sur la sphaigne donc ça améliore l'aspect visuel. Mais ne pas oublier de faire des petits trous sur le coté du pot pour l'aération des racines...

  


Le transfert de la plante dans les billes

Après avoir préparé les billes et choisit le bon pot pour la plante, vient le moment du rempotage;  Prenons comme cobaye  un cattleya miniature. Après la floraison, deux nouveaux pseudo-bulbes se sont formés et les racines commencent juste à pointer leur nez: c'est le moment du grand saut. Ce petit cattleya est depuis l'achat dans un pot de 10 cm de haut et j'ai donc choisit pour lui un nouveau pot de 15 cm de haut environ. J'ai d'abord fait tremper la plante dans son pot 30 minutes dans de l'eau tiède. Ensuite j'ai débarrassé délicatement les racines de tout l'ancien substrat (sous l'eau courante tiède) et j'ai éliminé toutes les parties mortes. Puis j'ai  laissé sécher le tout complètement. Pendant ce temps j'ai  déterminé dans quelle zone du pot la plante ne doit pas être rempotée: pour un cattleya, les zones immergées et humides sont à proscrire pour les anciennes racines. J'ai donc remplit mon pot à moitié avec des billes humides: 3 cm de zone immergée + 5 cm de zone humide = 7 cm soit la moitié de mon pot de 15 cm (évidement, vous devez corriger ces valeurs en fonction des valeurs obtenues pour vos propres billes).  Ensuite j'ai placé la plante dans le pot avec les racines effleurant les billes déjà en place et j'ai complété tout le tour avec de nouvelle billes jusqu'à atteindre le collet. Veillez bien à ce que l' endroit ou les racines rejoignent le corps de l' orchidée soit légèrement enfouit dans les billes. Dans le cas contraire, des sels peuvent s' accumuler sur les racines situées au dessus des billes et les endommager. Si vous ne pouvez faire autrement que de les laisser hors des billes, vous pouvez recouvrir la partie dénudée de quelques brins de sphaigne que vous vaporisez régulièrement avec de l'eau de pluie ou distillée.

Les premiers jours, ne remplissez pas le réservoir pour permettre aux racines de cicatriser. Au bout d' une semaine, placer le pot dans un récipient profond qui va servir de réservoir et le remplir avec 2-3 cm d'eau pure. Veiller à ce que le réservoir soit toujours alimenté en eau. Tant que les racines de la plantes n'ont pas atteint la zone humide du pot, arrosez par le haut comme en substrat classique (c'est à dire dès que la zone sèche est sèche) tout en laissant la réserve pleine. Au bout de 15 jours, remplacer l'eau par une solution d'engrais dilué (voir plus bas). Placer la plante au chaud jusqu'à ce qu'elle se rétablisse (1er mois). 

  


Sauvetage d'une plante qui a préalablement perdu ses racines

Il arrive qu'on soit confronté de temps à autre à une orchidée qui a perdu toutes ses racines à la suite d'erreurs de culture diverses ou de problème avant l'achat. Si vous envisagiez de transférer la plante en hydroculture, c'est alors un bon moment de le faire puisqu'elle va normalement refaire des belles racines toutes neuves dans les semaines qui viennent. En plus voyons le coté positif, puisque la plante n'a plus de racines, ce n'est plus la peine de s'inquiéter pour leur survie lors du passage en hydroculture. 

Dans ce cas, vous pouvez adopter la méthode du 1/2 pot décrite dans l'encadré suivant. 

REMPOTAGE D' URGENCE: la technique du 1/2 pot

Tout d'abord bien nettoyer les racines de l'orchidée et éliminer tout ce qui est pourrit et mou. Eventuellement tremper la plante dans un traitement anti-fongique (ex Aliette) et laisser sécher. Si elle n'a plus du tout de racines vous pouvez lui fabriquer des racines artificielles avec du fil de fer plastifié (en enroulant la base de la plante d'un long morceau de fil de fer sans la blesser). Ceci permettra de stabiliser la convalescente dans le pot le temps que les nouvelles racines se forment.

Ensuite prendre un pot désinfecté et le remplir à moitié de billes d'argile (préalablement conditionnées comme indiqué plus haut). Humidifier de la mousse de sphaigne et l'essorer à fond. Placer une petite couche de cette mousse sur les billes sans tasser puis placer la plante par dessus. Compléter le rempotage en plaçant de la sphaigne à peine humide autour de la plante toujours sans tasser.

Déposer ensuite le pot dans une soucoupe contenant  3-4 cm d'eau pure et coiffer le tout d'un sac en plastique transparent à l'envers (sans fermer trop hermétiquement en bas pour laisser la plante respirer).  Placer la mini-serre ainsi formée au chaud (20 degrés minimum pour un phalaenopsis et si possible 25)  et à la lumière très vive (mais sans soleil direct tant que la plante est sous sac). Remettre régulièrement de l'eau dans la soucoupe si besoin est et éventuellement humidifier la mousse avec un coup de vaporisateur si elle sèche trop (attention, pas de vaporisation intempestive, la mousse doit être très légèrement humide pas saturée d'eau). 

Une fois que la plante a des racines d'environ 5 cm on peut progressivement retirer le sac plastique et commencer à arroser. Une fois par semaine on vide la soucoupe puis on arrose par le haut en pluie fine avec une solution d'engrais diluée jusqu'à ce que la soucoupe contienne 3-4 cm de liquide. Lorsque les racines de la plante commencent à coloniser les billes dans la partie basse du pot, on retire  délicatement la mousse de sphaigne (sans déranger la plante) et on la remplace par des billes... 

Et voila une plante sauvée et adaptée à l'hydro en même temps !

  


Choix de l'engrais et technique d'arrosage

Le choix d'un engrais pour vos plantes en hydroculture n'est pas plus difficile ni plus simple que pour des orchidées poussant dans de l'écorce. Simplement, comme les billes sont inertes, les orchidées sont plus dépendantes des apports d'engrais que dans du compost à orchidée classique. Je vous invite à consulter cet autre article sur la fertilisation pour vous aider à choisir l'engrais qui vous conviendra le mieux. 

Pour résumer, le choix commence par savoir quelle eau vous allez utiliser. Si vous utilisez de l'eau du robinet moyennement calcaire, vous pouvez utiliser un engrais du commerce tout usage acidifiant (contenant une proportion importante d'urée ou d'azote ammoniacal). Utilisez de l'engrais à chaque arrosage lorsque la plante pousse et Veillez à le diluer adéquatement pour ne pas brûler les racines. Ce risque est plus limité en hydroponie qu'avec le substrat classique car en hydro, les billes qui restent en contact avec la solution nutritive ne sèchent pas et de plus elles retiennent peu d'engrais. Cependant il faut veiller à ne pas laisser accidentellement sécher le réservoir, car dans ce cas le risque de brûlure des racines par l'engrais est présent. L'eau du robinet très calcaire est a proscrire, vous devez la dé-calcairiser au préalable avant de l'utiliser.

Si vous avez des orchidées qui sont sensibles à la qualité de l'eau (Masdevallia, certains Phragmipedium, Disa, etc.) et que vous avez choisit d'utiliser de l'eau de pluie,  osmosée ou Brita, vous devrez utiliser un engrais spécialisé qu'on appelle neutre ou basique et enrichit en calcium et magnésium (ce sont des engrais conçus pour de l'eau non calcaire et qu'on trouve surtout dans les magasins de matériel hydroponique). 

Personnellement, j'utilise  de l'eau Brita ou de l'eau du robinet douce légèrement acidifiée (donc de l'eau contenant un peu de calcaire ainsi que du calcium et magnesium) à laquelle j'ajoute 0.5  à 1 g par litre d'engrais en poudre Plant-prod Tomate 15-15-30  (peu-acidifiant donc adapté à mon eau douce), soit 75 à 150 ppm d'azote selon la saison et une conductivité de 600 à 1000 ppm de sels au total dans ma solution d'arrosage (notons que je ne cultive aucune orchidée sensible aux sels).  Le pH de ma solution d'engrais est de 6 environ et le pH dans les billes se stabilise naturellement aux alentours de 5.5-6.0.

La procédure d'arrosage en hydroculture...

En ce qui concerne la procédure d'arrosage, je me contente de placer le pot dans un récipient profond qui va servir de réservoir pour la solution nutritive (petit plat en plastique ou joli cache-pot non percé, à vous de voir!). Le récipient doit être suffisamment grand pour rester plein une semaine.  Il faut absolument veiller à ce qu'il ne s'assèche pas entre 2 arrosages. Vous devez donc utiliser une soucoupe assez grande et profonde pour qu'elle ne se vide pas en moins d'une semaine. 

Pour les plantes déjà établies en hydro, la procédure d'arrosage est la suivante: une fois par semaine je vide la soucoupe puis je la remets en place. Ensuite j'arroses les billes en pluie fine par le haut en humidifiant bien toute la surface avec la solution d'engrais jusqu'à ce que la soucoupe contienne 3-4 cm de solution (l'idéal est d'utiliser un pulvérisateur de 3 ou 5 litres avec l'embout réglé sur pluie fine). Voila, le plein est fait pour la semaine...

Au cas ou la soucoupe  s'assèche avant l'arrosage suivant, rajouter de l'eau pure pour finir la semaine (mais normalement ça ne doit pas arriver si la soucoupe est assez grande, si ce n'est pas le cas changer pour une taille supérieure). 

Une fois par mois je vide la soucoupe et je passe le pot sous le robinet (eau à température de la pièce) en mouillant abondamment les billes pour bien rincer. J'en profite généralement pour doucher également les feuilles de l'orchidée dessus et dessous, et si nécessaire passer un peu de laine pour filtre à aquarium imbibée de savon de Marseille liquide pour enlever les dépôts (bien rincer à l'eau tiède). Je remets ensuite la soucoupe en place et j'arroses avec la solution d'engrais en pluie fine par le haut comme dhabitude jusqu'à ce que la soucoupe soit à nouveau pleine...

  


Période de repos, comment faire ?

Que faire pour les orchidées qui ont besoin d'une période de repos  ? 

Et bien tout simplement il suffit de laisser sécher les billes... Mais attention, avant de laisser sécher, il faut bien éliminer tous les résidus d'engrais qui pourraient brûler les racines en séchant. Donc laisser tremper le pot quelques minutes dans l'eau et rincer ensuite abondamment les racines et les billes à l'eau claire courante et tiède.  On laisse ensuite le réservoir vide et on traite la plante comme si elle était dans du substrat classique. On arrose  quant les pseudobulbes commencent à rider mais sans remplir le réservoir. A la reprise de croissance (hampe ou nouvelle pousse), on remplit à nouveau le réservoir et on reprend les arrosages comme avant: rien de compliqué la non plus !.

 


Pendant les vacances, comment faire ?

Tout dépend de la voisine ! Si elle est serviable et doit déjà venir nourrir le chat, vous pouvez en profiter pour lui demander de remettre de l'eau dans les réservoirs une fois par semaine. Je vous conseille de bien rincer les billes avant de partir au cas ou les réservoir s'assécheraient par accident. Egalement laissez la arroser à l'eau pure, la fertilisation sera reprise après les vacances et ça évitera les problèmes de dosages et autres accidents.

Si la voisine est un dragon et que le chat vous a quitté depuis longtemps pour une autre, vous avez toujours l'option baignoire. Encore une fois vous rincez les billes avant de partir pour éviter tout risque d'accident. Ensuite vous mettez 4-5 cm d' eau dans le fond de la baignoire, vous déposez vos plante dedans et vous vous cassez aux Bahamas l'esprit léger! Merci de me ramener un petit truc, après tout c'est grâce à moi si  vous n'êtes pas obligés d'adresser la parole à la voisine ! 

NB: Le coup de la baignoire est à éviter si vous n'êtes pas sur de l'état sanitaire de certaines plantes. En effet des maladies peuvent se transmettre de plante à plante par l'eau (probabilité très faible mais qui existe). Donc à ne faire que si vous avez vos plantes depuis longtemps et que vous êtes sur de leur état de santé. Si vous avez peur des contaminations, optez pour des soucoupes géantes pour chaque plante qui resteront pleines pendant toute votre absence: c'est plus fastidieux mais ça marche aussi bien... 

A ne jamais faire en hydroculture

  • Laisser sécher le réservoir sans avoir rincé abondamment les billes à l'eau claire auparavant

  • Transférer une plante qui ne fait pas de nouvelles racines, qui est malade ou en difficulté.

  • Placer les racines existantes de l'orchidée dans la mauvaise zone du pot lors du premier rempotage (dans la zone sèche pour les terrestres ou dans la zone humide pour les épiphytes)

  • Utiliser une concentration en engrais trop importante ou un engrais qui n'est pas adapté à l'eau utilisée.

  


Revue des succès et problèmes 

Rendez-vous sur le forum pour avoir le suivi en direct sur ce mode de culture : succès et échecs, vous saurez tout !!

Sinon sachez que les orchidophiles américains ont plus de 15 ans de recul avec la technique. Vous pouvez par exemple aller visiter la collection personnelle de Ray Bartelow ou celle de Doris Salzmann qui ont tous les 2 des centaines d'orchidées en hydroculture...

 

Voila, j'espère que ces précisions vous auront été utiles. N'hésitez pas à me poser vos questions sur le forum si il reste des détails obscurs ! 

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